mardi 20 décembre 2011

Sans frontières

Colloque à Brest sur les représentations religieuses. L’affiche est magnifique, Babel fournit de la matière, mais personne n’avait avant ce colloque pensé à féliciter l’excellent graphiste de l’université. Cidalise aime ces retrouvailles intellectuelles sans frontières, ni d’âge, ni nationales. Par la magie des objets intellectuels partagés, on rencontre des chercheurs de tout âge et de partout. On parle tout le temps. On parle de l’hygiène féminine dans les préceptes religieux et des figures de l’érotisme, de Suzanne au bain et des femmes en cheveux ; de l’apparition au Brésil de la Mère du Silence, qui ne cesse de parler parler parler aux enfants voyants en traçant les mots avec une baguette de fée sur les nuages ; de la transmission culturelle par approximation et redondance du message ; des thêmata du discours homophobe analysés à partir des 2013 courriers de protestation ou d’insulte reçus par M. le Maire suite à sa décision de célébrer un mariage homosexuel ; des conditions de travail des chercheurs, de la précarité dans la recherche, du suicide de Marie-Claude Laure. On débat, on questionne, on mange du poisson tout frais en discutant encore, et le soir, on s’effondre épuisé et content dans sa chambre. Il n’y a ni toccards ni frimeurs ici, seulement des gens passionnés, cultivés et humains prêts à se battre pour une vision du monde moins simpliste et donc, plus opérationnelle. Des gens qui ont comme les autres leurs qualités et leurs défauts, qui sont loin d’être d’accord, mais qui, quel que soit leur âge, refusent de laisser tomber.
« Malgré ses troubles et ses défauts, ses déceptions, ses souffrances, ses problèmes, ses événements fâcheux et ses averses de grêle ponctuelles, ce monde reste néanmoins trop beau pour qu’on l’abandonne, même si l’on est malade, fatigué de la vie ou proche d’une fin sans espoir. Tenez bon. Poursuivez la lutte, ne laissez pas tomber. Crachez au visage de la mort et tournez lui le dos. Le soleil est toujours dans le ciel, entouré d’étoiles »
(B. Traven, le 4 mars 1969, quelques jours avant sa mort).